J'ai animé lors de l'université du mouvement Ni Putes Ni Soumises, les 1,2 et 3 Décembre dernier, avec Amandine, ma collègue présidente du comité de Lille, et Nicolas, membre du BN de l'UNEF, un atelier de formation sur la thématique de l'éducation et de la laïcité. Voici le compte rendu de nos interventions réciproques. De nombreuses propositions ont émergé du débat, elles ont été transmises à Fadéla Amara qui les soumettra aux candidats aux élections présidentielles.
Si j'étais présidente, comment assurais-je une éducation émancipatrice, laïque et égalitaire?
Définitions des termes : éducation, émancipation, laïcité et égalité. Notions et concepts clés pour étudier cette thématique. Conférer le CR détaillé pour le contenu des interventions.
Il a été proposé aux participants une méthode de travail. Les 60 personnes présentes dès le démarrage de l'atelier et du brainstorming ont participé activement aux échanges
Interventions des 3 intervenants :
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L'évolution de la place des filles a l'école : Aujourd'hui les filles sont plus performantes que garçons et c'est plutôt uun bon indicateur pour notre pays. Il y a plus de bachelieres que de bacheliers. On note une évolution considérable et rapide dans le temps, notamment grace à l'ouverture des écoles pour les filles à la fin du 19eme, puis l'adoption du principe de mixité. Celle-ci fut établi pour des raisons plus techniques qu'idéologiques (manque de locaux, période reconstruction, manque d'enseignants...). Le nombre d'élèves ne cessaient d'augmenter, effet de la scolarisation de la génération baby boum.
Puis Mai 68 amorce un débat publique sur la question des droits des femmes, de l'avortement, nous pouvons remercier ces femmes courageuses qui ont porté les couleurs de l'émergence du féminisme.
Attention il ne faut pas s'en tenir qu'à ces constats positifs. Il existe aujourd'hui une forte segregation selon les filieres (rappel des orientations sociologiques de fiches). De plus l' école continue à favoriser, s'en même en prendre conscience et diffuser des représentations sociales erronées engendrant à terme des segregations. Nous ne devons de casser ces préjugés et faire bouger ces stéréotypes.
Autre prejugé les filles n'aimeraint pas les maths et la compétition scolaire. Au contraire selon Marie Durut-Bella elles anticiperaient davantage leurs futurs roles sociaux et notament celui de mere, d'ou une orientation vers les filières dites feminines telles que l'enseignement, le tertiare, le secteur médico-social etc...De plus elles sont victimes du processus de déqualification engendré par le prétexte du manque d'expérience. Ce qui traduit un faible nombre d'employeur qui donne leur chance aux jeunes. On peut également dire que le taux de chômage est élevé et qu'il ne facilite le choix d'un emploi qui correspond aux qualifications, notamment dans des secteurs économiques sinistrés.
Les années 70 marquent l'entree massive des femmes dans le monde du travail et on peut faire un lien direct avec leur meilleure reussite scolaire. Aujourd'hui encore dans certaines familles, on va plus investir sur les garcons que sur les filles.
Aujourd'hui selon lequel un bon diplôme = un emploi n'est plus d'actualité alors que le niveau de qualification des jeunes augmentent, les débats qui suivront doivent nous permettre de trouver des solutions et propositions concrètent pour rendre l'éducation égalitaire et émancipatrice. Celle- ci ne peut se faire sans l'application du principe de Laïcité.
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La laïcité, un cadre indispensable à l'émancipation. Amandine
Amandine présente une synthese du comité de lille : prejugés, discriminations, violences verbales et morales rôle attendu des filles et garcons qui divergent, manque d'éducation sexuelle, frustration, port du voile, laicité, l' image qui est renvoyé par sa propre personne est source d'inquietude pour les jeunes d'où une forme de repli identitaire ou communautariste pour certains.
Cette volonté emancipatrice n'est pas portée par toutes et tous. Nous le déplorons.
Remise en question par certains politiques, dont M. Sakorzy, de la loi 1905 sur le principe de laicité, menace de la remanier. Statut des mosquées et formation des immams ?
Or ce terme de laïcité remonte a bien plus loin que la revolution française notamment lorsque les philosophes et penseurs des « lumieres » luttèrent contre le pape.
Puis la 3eme republique rappella ce principe avec Jules Ferry qui done la compétence d'éducation à l'Etat, remettant en cause l'hégémonie des religieux. Il rend l'ecole gratuite laique et obligatoire entre 1881 et 1882. Compte tenu des réactions dans le débat publique, un véritable combat anticlerical, radicalisant les églises se développe.
Loi 1905 considère la nécessité de la separation entre lEglise et l'Etat. La Republique ne subventionnera plus aucun culte.
Puis la laicité devient constituionnelle en 46 et est appuyée par constitution de 58.
Ce qui pose la question du statut de l'enseignement privé.
Voile et les premières interdictions débutent dès 1989 mais afin de faire appliquer ce pincipe l'interdiction relative au port des signes religieux à l'école, le 15 mars 2004 est voté par l'Assemblée Nationale.
-> L'émancipation permet de s'affranchir des carcans religieux.
L'enseignant perçoit dabord l'unité classe et ne doit pas faire de différence d'ou l'importance mixité et laicité.
Neutralité ecole vis a vis de chacun mais comme toute micro société elle conçoit les diversités mais aussi les inégalités.
Notion egalité des chances a la mode comment on peut parler degalité des chances alors que nous n'avons pas tous les mêmes conditions de travail pour tous enfants ( salle à part non bruyante ou non)
Besoin de lutte pour une egalité sociale et justice sociale pour promouvoir l'ecole laique et plus egalitaire justement par définition. Parce que « l'égalité des chances » ne veut rien dire et qu'il ne faut surtout pas oublier « l'égalité de la malchance ».
Aborder dans le cadre de la formation des enseignants. Etre vigileants lorsque certains profs font des differences culturelles ou refusent d'enseigner dans certains quartiers populaires, problème de la carte scolaire découle également, l'entrée des parents dans l'ecole n'est pas évidente. L'enseignement des histoires religieuses est fait par qui actuellement? Il faut poser les termes de ces débats transversaux et définir nos priorités.
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Intervention Unef sur l'enseignement superieur. Nicolas Gougain, membre du BN de l'UNEF.
Tendances: rapports fin années 90 Majo femmes dans les matières littéraires plutot que dans les sciences dures or meilleurs taux de reusssite dans ces filieres. Les femmes auraient tendance à privilégier encore leur vie personnel par rapport aux etudes. C'est le contraire pour les jeunes hommes. Les jeunes femmes éprouvent davantage de difficulté que les hommes, pour s'insérer par le travail qui correspond à leur niveau de qualification.
Lien avec l'autonomie des femmmes notamment par rapport au logement et au travail.
Aides sociales pour les jeunes sont à clarifier. Le système actuel est illisible et génère des inégalités. L'UNEF se positionne pour l'autonomie des jeunes et une allocation autonomie universelle pour tous, quelque soit son choix d'orientation, son sexe.
Aujourd'hui les allocations d'étude sont contingentées par l'état = bourse dérogatoire pouvant etre donné sans tenir compte seulement du revenu des parents notamment quand rupture familiale.
Problème d' acces aux diplomes « élevés » pour les enfants de foyers précaires , forme de « déterminisme social » qu'il faut combattre et dénoncer.
Allocation autonomie jeunes serait une nouvelle aide prenant en compte les ressources propres de tous les etudiants mais de manière individualisée suivant leur situation personnel et leurs besoins selon qu'ils vivent ou non chez les parents. Elle permettrait à chaque étudiant de faire son choix d'etudes sans pression familiale, ni influence.
L'éducation ! On ne fait jamais trop bouger les choses ! La marge de progression est importante dans notre pays. Contre les formes de pressions sociales il faut tenir compte de l'éducation civique qui pas assez développée à tous les niveaux de l'enseignement qu'il soit général, technologique ou professionnel.
Il n'y a pas assez d'assistants sociaux et on constate que les medecines preventives universitaires, si elles en avaient les moyens feraient mieux. Les mouvements d'education populaire et associations feministes comme NPNS devraient avoir plus de moyens pour leurs actions de prévention et notamment l'acces à une contraception gratuite et anonyme pour toutes et tous.
Creation d'un statut étudiant ! Pourquoi y aurait-il un statut retraité et pas étudiant. L'égalité c'est ça aussi entre les générations.
Débat ouvert par Annaïg :
Aujourd'hui c'est dans les quartiers que se concentrent les inégalités et les discrimanations les plus fortes et c'est la que c'est le plus dur à les combattre. Faire mieux et plus pour ceux qui ont le moins.
Faire de l'éducation la priorité nationale :
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Augmentation du pourcentage de la part du PIB consacrée à l'éducation car c'est en combattant les inégalités dès le plus jeune âge que nous ferons évoluer les mentalités.
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Donner plus et mieux à ceux qui ont le moins.
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Continuer et investir davantage sur les ZEP car ça commence à payer même si les efforts sont insuffisants.
Passer de la massification à la démocratisation de l'enseignement supérieur :
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Permettre à chacun quelque soit son origine, son sexe, son milieu, d'avoir accès aux études et à un diplôme qui lui permettre de s'insérer dans la société.
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Le concept d'égalité des chances ou de la mal chance fait débat. Nous pensons qu'il est préférable de se baser sur le principe d'égalité et de justice sociale.
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Création de meilleures conditions d'étude en développant l'autonomie des des étudiants et plus largement des jeunes. 6 ème et 7 ème échelon de bourse ? Allocations d'autonomie.
Etendre par décret la loi de 2004 sur l'interdiction des signes religieux à l'école aux universités :
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L'initiative de l'IUT de Tourcoing est encourager. Ils ont fait voté en CA d'université l'application et l'ont inscrite dans le règlement intérieur.
Réformer urgemment le système d'orientation et d'information bers les métiers et les débouchés :
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Afin de permettre à chacun de s'émanciper des stéréotypes, il faut dès le plus jeune âge cultiver l'esprit critique.
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Création de passerelles entre le milieu éducatif et la sphère professionnelle. Une jeune titulaire d'un BEP doit pouvoir reprendre ses études et être soutenu dans son projet.
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Lutter contre les voies de garage, le discours de l'excellence et de la méritocratie. Stigmatisation de certains.
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Permettre à chacun d'avoir le choix de son orientation.
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Intégrer des nouveaux enseignements éducatifs :
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Redonner du sens au cours d'éducation civique et encourager la participation citoyenne dans les projets lycéens. (CVL)
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Intégrer l'interculturalité dans la formation des jeunes enseignants.
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Prendre en compte la vraie histoire de notre pays, le devoir de mémoire, l'évolution de l'immigration afin de susciter un meilleur apprentissage du vivre ensemble.
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Revaloriser la place de l'éducation sexuelle, les rapports sociaux filles/ garçons, l'approche du respect dans chaque classe.
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Garantir la mixité, aucune remise en question est envisageable.
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Partager des temps éducatifs entre associations, lycéens, corps enseignant.
Accompagner les parents :
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Les aider à faire face aux situations difficiles. Les conforter et les soutenir dans leur rôle d'autorité parentale. “école des parents”
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Ne pas les culpabiliser dans l'opinion car derrière les défaillances se cachent de la misère sociale.
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Création rapide d'un service public d'accompagnement et de remise à niveau. Instauration d'aide aux devoirs gratuites et de temps d'accueil périscolaire en lien avec les associations de quartier et les mouvements d'éducation populaire.
Accès à la pratique culturelle, artistique ou sportive pour tous :
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La barrière financière ne doit pas constituer un frein à l'ouverture d'esprit.
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Aide à la construction identitaire et à l'apprentissage de la vie en société.
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Permettre la socialisation à chacun.
Favoriser le lien social (c'est pas nouveau) :
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Les équipes éducatives sont carencées, il est urgent de remettre plus de moyens humains formés : profs, personnels éducatifs, infirmières, assistantes sociales, assistants d'éducation.
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Le lien social est le meilleur rempart à la violence. Des expériences le prouvent.
Réaménager la carte scolaire :
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Face à l'hypocrisie ambiante et aux contournements des classes favorisées, via le jeu des options, il est nécessaire de repenser la carte scolaire
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Redécoupage en étoile ou camembert incluant une partie du centre et du péri urbain.
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Garantir la vraie mixité sociale et culturelle.
Dénoncer et se mobiliser :
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Se battre dans les régions du monde où les filles n'ont toujours pas accès à l'éducation.
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Sans éducation et édu-action, il ne peut y avoir d'émancipation des peuples par la voie démocratique.
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Culitiver le féminisme international, les espaces citoyens mondiaux.






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